Laïcité dans le monde

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En Suisse

Une affaire de cantons

En Suisse, la gestion des rapports entre l’Église et l’État est du ressort des cantons. C’est une des marques du fédéralisme helvétique!

La situation a failli changer en 1980 avec l’initiative populaire en faveur d’une “séparation complète de l’État et de l’Église”. Les initiants remettaient en cause le statut de droit public qui pouvait être accordé à certains cultes par les cantons, un statut qui permet un financement public. L’existence d’Églises officielles viole selon eux la liberté de croyance. Le texte sera finalement rejeté par la totalité des cantons et les 78,9% de la population.

Même si une séparation de l’Église et de l’État existe bien au niveau fédéral depuis 1848, le préambule de la Constitution fédérale commence par: “Au nom de Dieu tout-puissant!”. Dans ses articles, le texte laisse néanmoins une grande liberté individuelle aux citoyens concernant leurs croyances et modes de vie: “Nul ne peut être contraint d’adhérer à une communauté religieuse ou d’y appartenir, d’accomplir un acte religieux ou de suivre un enseignement religieux”.

L’hymne national n’est lui non plus pas très laïc. Le texte qui date de 1841 comporte de nombreuses mentions divines comme “notre cœur pressent encore le Dieu fort”. L’hymne est toutefois remis en question, car la Société suisse d’utilité publique a lancé le 1 janvier 2014 un concours pour le remplacer. Le public a choisi sa version préférée, mais le dernier mot reviendra au Conseil fédéral ainsi qu’au Parlement.

Dans sa Déclaration relative aux finalités et objectifs de l’école publique du 30 janvier 2003 , la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP) affirme que l’école publique ”prend en compte et rend accessible la connaissance des fondements culturels, historiques et sociaux, y compris des cultures religieuses, afin de permettre à l’élève de comprendre sa propre origine et celle des autres, de saisir et d’apprécier la signification des traditions et le sens des valeurs diverses cohabitant dans la société dans laquelle il vit”

Le Syndicat des enseignants romands (SER) a pris position sur cette question en 2004, affirmant notamment qu’une place doit être faite à l’enseignement du fait religieux comme objet de culture (connaissance du christianisme à travers ses manifestations culturelles et artistiques, ouverture aux autres religions selon une approche semblable et interrogations des sectes) dans l’école romande. Cet enseignement ouvert se doit de faire une place à la problématique du sens et éviter une forme académique insipide.

Voir à titre d’exemples l’évolution dans les cantons de Vaud, Zurich, Fribourg, Neuchâtel 

Canton de Vaud

Le canton de Vaud a transformé son enseignement d’histoire biblique en un enseignement d’”histoire biblique – cultures religieuses” qui ”en s’appuyant sur les traditions judéo-chrétiennes, aide l’élève à découvrir et connaître les racines des civilisations et les fondements historiques des cultures religieuses de la société dans laquelle il vit”. (Plan d’études vaudois 2006

Canton de Zürich - Säkularismus

Le canton de Zurich a décidé en 2001 de remplacer l’instruction religieuse en collaboration avec les confessions par une nouvelle branche de ”Religion et Culture ”, obligatoire pour tous les élèves. A l’école primaire, plan d’études édicté en novembre 2006 met une priorité sur la connaissance des traditions et valeurs du christianisme comme religion fondatrice de notre société. Mais il prévoit aussi la transmission de connaissances sur d’autres religions et cultures sont présentes dans l’expérience des enfants. L’enseignement est conçu de manière que tous les élèves puissent le suivre sans préjudice pour leur liberté de croyance et de conscience.

L’introduction de cet enseignement de ”Religion et Culture” s’étendra aussi à l’école secondaire obligatoire, mais sa généralisation est prévue pour 2011 au plus tard. Un important effort de formation des enseignants doit en effet précéder.

Fribourg et Neuchâtel

Le canton de Fribourg vient d’adopter une nouvelle constitution. L’ancienne, remontant à 1857, confiait à l’Etat la haute surveillance de l’éducation et de l’instruction publiques, tout en stipulant que celles-ci ”sont organisées et dirigées dans un sens religieux et patriotique” et qu’un ”concours efficace est assuré au clergé en cette matière”. La nouvelle constitution (2004) , stipule à l’article 64 que ”L’enseignement respecte la neutralité confessionnelle et politique. Les Eglises et les communautés religieuses reconnues ont le droit d’organiser un enseignement religieux dans le cadre de l’école obligatoire”.

Seul canton neutre en matière religieuse avec Genève, le canton de Neuchâtel, a mis en place, en 2003, un «enseignement de cultures religieuses et humanistes».

En France

Le principe de laïcité en matière religieuse est au fondement du système éducatif public depuis 1882, quand la loi instaurait l’obligation d’instruction et la laïcité des personnels et des programmes. L’importance de la laïcité dans les valeurs scolaires républicaines a été accentuée par la loi du 9 décembre 1905 instaurant la laïcité de l’Etat. Le respect des croyances des élèves et de leurs parents implique : l’absence d’instruction religieuse dans les programmes, la laïcité du personnel, l’interdiction du prosélytisme.

Mais la question du statut du religieux est en discussion. Ainsi, en février 2002 est paru le rapport sur “ L’enseignement du fait religieux dans l’École laïque ” que le Ministre de l’Education avait demandé à Régis Debray. L’auteur y souligne d’abord que ”l’opinion française, dans sa majorité, approuve l’idée de renforcer l’étude du religieux dans l’École publique. […] Plaidant pour ”une approche raisonnée des religions comme faits de civilisation”, il note cependant que ”La précaution laïque autant que la saturation du système éducatif conduisent à […] à écarter l’hypothèse […] d’une “ matière ” en plus et à part entière dans le premier et le second degré. […]. C’est donc sur les contenus d’enseignement, par une convergence plus raisonnée entre les disciplines existantes, et surtout sur la préparation des enseignants qu’il convient de faire porter l’ambition. Ce sont ces derniers qu’il faut inciter, rassurer et désinhiber et, pour ce faire, mieux armer intellectuellement et professionnellement face à une question toujours sensible car touchant à l’identité la plus profonde des élèves et des familles.

Liberté, égalité, laïcité

Quand on parle de laïcité, comment ne pas aborder le cas de la France. C’est que le sujet tient particulièrement à coeur à nos voisins. Dans l’Hexagone, le concept est discuté depuis plus de 100 ans. Plus précisément, il date de la “loi de 1905”, dite de séparation entre les Églises et l’État.

De cette séparation se déduit la neutralité de l’Etat, des collectivités et des services publics.
La République laïque assure ainsi l’égalité des citoyens face au service public, quelles que soient leurs convictions ou croyances.

Mais même en France, il existe des exceptions territoriales: la loi de 1905 ne s’applique pas partout. Quand l’Alsace-Moselle est redevenue française en 1918, elle a pu garder un système concordataire où les religions catholique, luthérienne, réformée et israélite sont reconnues. Le personnel de ces cultes est salarié par l’État et un cours de religion est dispensé dans les écoles. La population locale restant attachée au système du Concordat, ce régime n’a jamais sérieusement été remis en cause.

D’autres territoires comme la Nouvelle-Calédonie ou la Guyane bénéficient d’un arrangement similaire.

En France, la laïcité revient régulièrement sur le devant de la scène avec des polémiques concernant le port de signes religieux notamment. Le dernier scandale en date, le port du Burkini, s’est d’ailleurs invité dans l’un des derniers débats présidentiels:

La laïcité enflamme le débat / L’actu en vidéo / 49 sec. / le 21 mars 2017

Pour comprendre plus en détails comment ce rapport entre État et religions sʹest construit en France, écoutez lʹhistorien Patrick Cabanel raconter l’évolution de la laïcité française du XIXe siècle à nos jours:

Laïcité française : histoire dʹune séparation / Babel / 38 min. / le 9 avril 2017

En Finlande

En Finlande, pays de tradition luthérienne, le plan d’études le plus récent prévoit un enseignement en religion non confessionnel dans lequel sont examinées les dimensions religieuses et éthiques de la vie. Le but de cet enseignement est d’offrir aux élèves les connaissances, aptitudes et expériences qui seront les matériaux pour la construction de leur propre identité et point de vue sur le monde. L’enseignement prépare les élèves à examiner les dimensions religieuses et éthiques de leur propre vie et de celle de la communauté. Le but est une éducation générale dans le domaine de la religion et de la philosophie de vie. (traduction à partir du National core curriculum for basic education, Ministère de l’éducation, Helsinki, 2004).

Aux État-Unis

God bless America

Le premier amendement de la Constitution de 1787 demande la séparation de l’Église et de l’État et garantit la liberté de culte. Dans la Constitution et dans la Déclaration des Droits, il n’est jamais fait référence à Dieu. La devise originelle des États-Unis est “E pluribus unum” (“De plusieurs, nous faisons un”). Par ailleurs, l’État fédéral ne subventionne en principe aucune école religieuse. Même si des financements indirects existent via les “Charter Schools” que pousse en avant la chrétienne ultra-conservatrice Betsy DeVos, secrétaire de l’éducation de l’administration Trump.

Les références à Dieu sont omniprésentes dans la vie publique aux États-Unis. En effet, il est question d’une laïcité sans religion particulière, sans dieu favorisé au détriment des autres, contrairement à la situation française qui consacre une laïcité sans religion aucune.

La référence “One Nation under God” a été ajoutée au serment d’allégeance en 1954 et la devise “In God We Trust” figurant sur la monnaie remonte à 1956. Ces renvois à Dieu datent de la Guerre froide et symbolisaient une opposition à l’Union soviétique athée.

Ces références se veulent néanmoins abstraites et symboliques, et ne renvoient pas à un Dieu en particulier: lors du National Day of Prayer, fixé le premier jeudi de mai, les Américains sont invités à prier la divinité qui leur convient. La neutralité américaine a pour motivation la tolérance vis-à-vis de toutes les confessions. Les spécialistes évoquent une “religion civile” qui constitue un socle spirituel national et assure une compatibilité entre religion et laïcité.

Comme le souligne le sociologue des religions Philippe Gonzalez, il ne faut cependant pas sous-estimer la façon dont la droite chrétienne a imposé la question religieuse dans l’arène politique et dans l’espace public. On reste loin d’une religion civile complètement neutre.

Étant donné que la population reste très croyante, un candidat à la présidentielle verrait ses chances fortement réduites s’il avouait publiquement ne pas croire en Dieu. Depuis George Washington, presque tous les présidents des États-Unis ont prêté serment sur la Bible. Cette pratique est devenue une coutume (la majorité des Américains étant chrétiens), mais n’est pas exigée par la Constitution. Ainsi, John Quincy Adams a préféré le faire sur un livre de droit et Theodore Roosevelt n’a eu recours à aucun livre.

Canada

Multiculturalisme et accommodements raisonnables

Pour comprendre la situation du Canada, il faut comprendre son histoire où des “minorités culturelles” sont présentes de longue date sur le territoire. On peut citer notamment le Québec francophone. Chaque communauté se bat pour préserver ses spécificités culturelles et ces dernières sont revendiquées.

Le Canada a donc choisi une politique multiculturelle qui se base sur des “accommodements raisonnables”. Nous avons donc ce que nous pourrions appeler un vivre-ensemble communautaire où voir une policière qui porte le hijab n’est pas choquant. Les enfants de la communauté sikh peuvent même se rendre à l’école avec le kirpan, un petit poignard traditionnel symbole religieux. Une tentative d’interdiction a d’ailleurs été considérée comme une atteinte à la liberté de religion. L’objet n’ayant jamais été associé à un incident violent au Canada, il a été jugé qu’un “accommodement raisonnable” pouvait être trouvé sur des restrictions au port du kirpan: il doit être placé dans un fourreau cousu et caché sous les vêtements. Ces accommodements doivent être compris comme des compromis qui servent à garantir au mieux les droits de chacun.

On estime au Canada qu’il n’existe pas de culture commune à tous les Canadiens. Tout le monde est cependant astreint au respect des droits fondamentaux. Finalement ce sont donc les droits de l’Homme qui deviennent le socle commun de la société.

Le Canada est néanmoins laïc au sens où sa Constitution garantit les libertés de croyance et de conscience ainsi qu’une égalité des droits. L’État doit demeurer un acteur neutre entre les diverses croyances et religions.

Pour aller plus loin sur les particularités canadiennes, vous pouvez écouter ce débat de l’émission “Forum” concernant cette forme particulière de multiculturalisme:

Le multiculturalisme réussi du Canada contraste avec les difficultés françaises / Forum / 15 min. / le 31 août 2016

Italie, Espagne, Portugal

Catholiques mais laïcs?

Voilà un exemple de trois pays du sud de l’Europe particulièrement attachés à leur histoire catholique où culture et religion se confondent souvent.

En Italie, le catholicisme n’est plus religion d’État depuis 1948 d’après la Constitution. Cependant le nouveau Concordat négocié en 1984 indique que les principes du catholicisme appartiennent au “patrimoine historique du peuple italien”. Par ailleurs, l’enseignement des religions, en particulier la religion catholique, reste obligatoire à l’école.

Même s’il y a officiellement séparation entre l’Église et l’État, les questions de laïcité restent extrêmement sensibles dans la Péninsule. Prenons l’exemple de l’affaire Lautsi qui avait entraîné une immense polémique en Italie. Madame Soile Tuulikki Lautsi, italienne d’origine finlandaise, avait demandé le retrait du crucifix présent dans la classe de ses enfants. De procès en recours, l’affaire s’est retrouvée devant la Cour européenne des droits de l’Homme qui a une première fois en 2009 donné raison à madame Lautsi pour des raisons de liberté religieuse. Cette décision avait créé une forte polémique dans l’opinion publique et face au tollé suscité l’État avait fait appel. La ministre italienne de l’Éducation avait revendiqué la présence des crucifix comme “symboles de notre tradition”. En dernière instance, la Cour a jugé que le crucifix, en tant que symbole passif, n’était finalement pas une atteinte à la liberté de conscience des élèves.

Au Portugal, la Constitution affirme que l’État est laïc. Pourtant le pays est signataire d’un concordat avec le Vatican où est garanti “le caractère exceptionnel des relations entre le Portugal et l’Église catholique”. Ce contrat organise notamment l’enseignement religieux dans les écoles publiques par les prêtres et garantit la validité civile du mariage religieux. Les prêtres sont par ailleurs rémunérés comme officiers d’état civil et enseignants.

Depuis la Constitution de 1978 et l’abrogation du catholicisme comme religion officielle, l’Espagne est un État laïc séparé de l’Église. Le texte reconnaît néanmoins l’Église catholique comme celle de la “majorité des Espagnols”.

En Espagne, où plus de 80% de la population se déclare catholique, l’instruction religieuse est une matière obligatoire à l’école. Les socialistes au pouvoir entre 2004 et 2011 avaient rendu cette branche facultative. Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a fait marche arrière sur cette question en 2014. L’Église gère par ailleurs beaucoup d’écoles et accueille un tiers des élèves espagnols.

Nous avons donc dans ces trois pays une séparation de l’Église et de l’État avec des libertés de conscience et de croyance garanties. Cependant, la présence culturelle et spirituelle très forte de la religion catholique, avec une grande majorité de la population qui partage ces valeurs, donne plutôt forme à ce que nous pourrions appeler une sorte de “laïcité catholique”.

Royaume-Uni

Au Royaume Uni , l’éducation religieuse est appelée à faire ”une contribution spécifique au développement de la connaissance et de la compréhension de la religion, de croyances, pratiques, langages et traditions religieuses et de leur influence sur les individus, les communautés, les sociétés et les cultures. Il met les élèves en mesure d’aborder et de répondre à des questions importantes concernant leur propre développement spirituel, le développement de valeurs et d’attitudes ainsi que des questions fondamentales concernant le sens et le but de la vie”.

God save the Queen

En Angleterre, l’anglicanisme est religion d’Etat. L’Église préserve d’ailleurs toujours certains privilèges. Par exemple, 26 évêques siègent à la Chambre des Lords du Parlement britannique (sur près de 850 membres leur poids reste néanmoins relativement restreint). La reine Élisabeth II est quant à elle Gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre et porte donc le titre de “Defender of the Faith” ou “défenseur de la foi”.

Pourtant, la Grande-Bretagne est connue pour sa politique très multiculturaliste qui prévoit des accommodements raisonnables à la canadienne: beaucoup d’entreprises disposent de salles de prières, les enseignants peuvent porter le voile et il est possible de rencontrer un policier coiffé d’un turban sikh.

Le système scolaire public anglais lui aussi a souvent préféré le compromis à la confrontation dans ses rapports avec les différentes confessions. Cela a notamment permis que des écoles religieuses reçoivent le statut d’écoles publiques tout en continuant d’être gérées par les institutions juives et chrétiennes. En Angleterre d’ailleurs, 30% des écoles sont confessionnelles.

Avec les récents attentats et l’arrivée de mouvements islamophobes comme l’English Defense League, le modèle britannique est cependant de plus en plus remis en question. Un article du Monde, datant de 2013, illustre bien ces nouvelles polémiques et crispations en abordant la question de la burqa et sa possible interdiction. En juin 2017, au lendemain de l’attentat de Londres, la première ministre Theresa May a d’ailleurs appelé ses citoyens à ne plus vivre “dans une série de communautés séparées et ségréguées, mais comme un véritable royaume uni “.

Albanie

De l’athéisme à la laïcité

Sous le régime d’Enver Hoxha, la religion était interdite en Albanie. Il avait proclamé par décret que Dieu n’existait pas et interdit la pratique de tous les cultes. Il a déclaré en 1967 que l’Albanie était le “premier État athée du monde”.

Depuis 1992, le pays reconnaît de nouveau la liberté des cultes. L’État et ses institutions sont séculiers. Dans sa Constitution actuelle, adoptée en octobre 1998, la République d’Albanie se déclare comme un État laïc. La loi interdit par ailleurs l’enseignement religieux dans les écoles publiques.

La religion majoritaire en Albanie est l’islam, avec environ 60% de musulmans dans le pays. On peut dire que les décennies d’athéisme imposé ont eu pour conséquence un peuple majoritairement “laïcisé”. Les Albanais trouvent leur unité principalement dans leur langue et relèguent donc généralement la question religieuse à la sphère privée.

Vatican et Iran

Théocraties

Selon le dictionnaire Larousse, une théocratie est une “société où l’autorité politique a une assise d’ordre divin et où le détenteur du pouvoir est soit l’incarnation d’un dieu, soit son descendant, soit encore son ministre. Dans un État théocratique pur, la loi civile et la loi religieuse se confondent.”

On comprend donc qu’une théocratie ne peut pas être laïque. C’est même son exact opposé. Le Vatican est une sorte de théocratie: le chef d’État est le pape. Celui-ci détient officiellement les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

Le pouvoir exécutif est cependant délégué à un gouverneur nommé. Ce gouverneur s’occupe également de la représentation diplomatique du Vatican auprès des instances internationales.

La République islamique d’Iran est également une théocratie. Selon la constitution de 1979, promulguée par l’ayatollah Khomeini, toutes les institutions et les activités de l’Iran sont fondées sur les principes de la loi coranique. Néanmoins une forme de sécularisation est en cours dans la société iranienne face à une théocratie qu’une partie du peuple juge toujours plus vidée de son caractère religieux. L’élection (et la réélection) de Hassan Rohani, un religieux jugé modéré, montre un soutien à sa politique d’ouverture et un recul des ultra-conservateurs.

Turquie

Une laïcité qui s’islamise

La Turquie est actuellement un État laïc de par sa constitution, et ce depuis le 10 novembre 1937.

Parmi les pays majoritairement musulmans, la Turquie est l’un des seuls à appliquer la laïcité. Cependant, la séparation entre les Églises et l’État n’est pas réciproque comme en France: la religion est en effet encadrée par le gouvernement, qui finance et forme des imams et des écoles religieuses.

Mais avec l’arrivée au pouvoir du président Recep Tayyip Erdogan – son parti l’AKP a gagné toutes les élections depuis 2002 – plusieurs observateurs notent une islamisation de la société turque ainsi qu’un retour du religieux. Vous pouvez visionner à ce sujet le reportage consacré par “Géopolitis” à la question:

Turquie: la laïcité condamnée? / Géopolitis / 14 min. / le 27 septembre 2014

La question de la laïcité se pose également dans plusieurs pays musulmans d’Afrique du Nord. Dans toute cette région, l’islam est religion d’État. Une forme de laïcité était imposée par des dictateurs qui se servaient néanmoins du religieux pour asseoir leur pouvoir sur la population. Suite au “Printemps arabe” qui a vu ces autocraties tomber, des tensions sont apparues entre des mouvements islamistes réclamant leur part du gâteau et une opposition laïque souvent en minorité.

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