Noël, connais pas…

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Table ouverte, une émission de la Télévision suisse romande animée par Claude Torracinta (18 décembre 1994)

Plongez avec nous dans les archives de la RTS, avec ce débat en direct et en public sur la connaissance de l’histoire des religions et la signification des fêtes religieuses : une Table ouverte à regarder pour voir ce qui a changé, et ce qui n’a pas changé…

Cette émission a été réalisée devant un nombreux public pendant les Journées Portes ouvertes. Elle est mentionnée dans le Rapport sur la « Culture religieuse et école laïque » (Rapport Hutmacher) p. 23 qui en rapporte ceci :

« La plupart des participants tombent d'accord pour penser que les bases de la culture judéo-chrétienne devraient permettre par la suite d'aborder d'autres religions, voire non-religions et favoriser l'esprit de tolérance. Madame Brunschwig-Graf (nouvelle présidente du DIP) tout en se montrant très ouverte à ces questions, précise qu'à Genève il ne pourrait pas s'agir de créer un nouvel enseignement, mais que la culture religieuse pourrait trouver place dans d'autres enseignements. »

Quelques éléments notés au vol (pour faciliter votre repérage) Noël, connais pas.

Une enquête du Fonds National de la Recherche Scientifique de 1989 indique une diminution de la pratique religieuse. Un test réalisé à l’Ecole normale de Lausanne : les étudiants ne savent pas à quoi correspondent les termes suivants : la Réforme, Pentecôte, Pâques. Un autre test dans une classe de collège : ignorance sur le terme Ascension.
Introduction de Claude Torracinta (CT)

La culture religieuse dans notre société. Faut-il s’inquiéter de la montée de l’inculture religieuse ? C’est un problème général en Europe.

La situation dans les cantons romands (Préparé par Anne Markwalder)

  • Fribourg et Valais : Cours de culture religieuse + catéchèse dans le programme scolaire
  • Vaud et Jura (+ partie francophone de Berne) : Culture religieuse (Enbiro) à l’école ; catéchèse en dehors du programme scolaire
  • Neuchâtel : Heure à disposition des Églises dans la grille horaire
  • Genève : Ni cours de religion, ni enseignement biblique

Débat

CT : 1e question
Faut-il généraliser cet enseignement de la religion ?

Martine Brunschwig-Graf (MBG) La question: Y a-t-il vraiment une montée de l’inculture religieuse ?
Roland Campiche (RC) Les jeunes ont des connaissances mais elles sont fragmentées. Comment mettre les fragments ensemble ?
Albert Longchamp (AL) Il y a un analphabétisme religieux. Des connaissances comme pour le tiercé, dans le désordre !
MBG Les enseignants de l’histoire de l’art dénoncent cette insuffisance de connaissance du fait religieux. Le problème est celui du traitement de l’information.
Berger (B.) Oui, il y a une diminution de la connaissance encyclopédique.
Y. Scheller (YS) C’est comme pour l’orthographe. Il y a 150 ans qu’on dit que ça baisse. Cette connaissance religieuse est-elle vraiment nécessaire ?
André Thomann (AT) On constate une inculture générale. Mais la culture religieuse est-elle nécessaire ?
Monique Roulier-Pache (MRP) On ne peut pas se passer de connaissance. Les grandes mythologies doivent être enseignées.
Conclusion : Il doit y avoir une connaissance religieuse (indépendante de la croyance).
MBG Cela contribue à la compréhension mutuelle des uns et des autres.

CT : 2e question
Qui doit se charger de cet enseignement ? École, Église, famille ?

AL L’école, par des enseignements formés à l’honnêteté.
AT Je fais l’impasse sur cette question.
YS Ça dépend de la manière.
MBG Il ne s’agit pas de rajouter un cours. Enseignement à donner dans le cadre des cours existants. (littérature, histoire, philosophie ). Le but : comment comprendre le fait religieux ?
B Parler du fait religieux dans un cours d’histoire est aléatoire.
MBG Partage l’avis de RC. Quelle interprétation de la laïcité ? Distinguer a) l’enseignement du donné biblique (au sens de la catéchèse) b) l’enseignement visant à la compréhension du fait religieux dans les sociétés.
Bernadette Allemann (BA) J’ai retiré mes enfants de l’enseignement religieux pour éviter la confusion. C’est à la famille d’assumer cette tâche de transmission.
Mme Willonet (W.) Témoignage d’une personne qui est à la fois catéchiste et enseignante de culture religieuse en Valais.
RC Il faut quitter l’esprit de lutte du 19e siècle. Je suis partisan de l’État laïc. L’enseignement de la culture religieuse permet d’acquérir une distance critique. C’est ce qui est fondamental.
AT Une culture générale dans laquelle se trouve la culture religieuse. Pas d’intégrisme de la laïcité.
MBG Comparaison avec l’instruction civique. On en avait peur parce qu’on ne voulait pas introduire la politique à l’école. Comment voulez-vous que les jeunes choisissent s’ils ne sont pas informés ?
MB Nous avons besoin de valeurs et de références. Importance de la mémoire collective.
YS Il y a aussi une inculture artistique. Il faudrait alors ajouter des cours de musique !! Il ne revient pas à l’école de donner cet enseignement de culture religieuse.
AL Occasion de rencontres entre religions dans le cadre de l’école.
CT Comment éviter le prosélytisme, la propagande?
RC Les Églises n’ont pas le monopole du religieux. Évolution de la situation. Donner une connaissance qui permette de relier les parties.

CT : 3e question
Qui doit s’occuper de cet enseignement ? Dans quel cadre ?

MBG C’est l’enseignant (lui faire confiance). Mais pas de cours spécifique. On peut inviter des gens d’Église.
MRP Athéisme. Oui à des cours de morale et d’éthique.
CT à AT Verriez-vous un inconvénient à ce qu’un enseignant, major à l’armée, enseigne l’histoire suisse ? Peut-il être objectif ?
RC Derrière tout enseignement il y a toujours un système de valeurs. Savoir aussi respecter l’élève dans sa capacité de discernement, (face à un enseignant qui chercherait à l’influencer).
YS Craint le prosélytisme.
CT Mieux connaître l’Islam permet de mieux se situer.
B Préfère le cours spécifique d’enseignement de la culture religieuse (Cf. Enbiro). C’est un programme structuré. Il apporte des bases de manière suivie.
MBG Le cours intégré permet une approche qui concerne tous les élèves. Il respecte toutes les convictions. Face à la peur du slogan« les Églises vont faire pression », MBG exprime son profond respect pour l’enseignement qu’elle a reçu (Juive dans une école catholique et membre d’un parti d’influence protestante).
YS La laïcité genevoise va bien, ne changeons rien !
W. Prosélytisme ? Dans leur cadre, les Eglises proposent un choix.
CT L’attitude actuelle du Vatican se justifie-t-elle par ces craintes d’une influence de l’Eglise ?

Question du public

Première question du public
Qu’est-ce qu’on va enseigner ?

RC L’enseignement de la culture religieuse a trois dimensions
– culture biblique, aspect culturel
– connaître les autres religions
– apprentissage de l’éthique
MRP Les religions n’ont pas le monopole de l’éthique
RC La compétence de l’enseignant est primordiale et non son étiquette religieuse
MBG Éviter la confusion entre foi et connaissance

(une dame) Mes parents ne m’ont pas donné d’instruction religieuse et je le regrette. Je viens de demander le baptême.
B Programme : commencer par le christianisme puis s’ouvrir aux autres religions. Cela permet d’éviter les dérives vers des gourous. Évocation des journées de culture religieuse à Vevey. Les réticences initiales se sont estompées. Expérience positive.
CT Comment éviter le prosélytisme ?
YS Il faudrait alors enseigner non seulement le Christianisme, mais l’Islam, le Judaïsme, le Shintoïsme, l’Hindouisme, le Confucianisme, etc. On va s’arrêter où ?
MRP L’école ne peut pas être chargée de ce que le Églises et les familles ne transmettent plus. Oui à une information historique sur les religions.
AL En littérature aussi on peut se poser la question : où s’arrêter ?
CT Un enseignant catholique peut-il enseigner l’Islam ?
RC On ne peut pas tout enseigner mais on ne peut pas accepter l’ignorance de culture religieuse de certains enseignants sur telle ou telle page d’histoire. Savoir aborder des questions relatives au sens de la vie.

Seconde question du public
Quel risque de confusion entre les religions lors de l’enseignement de toutes les religions ?

MBG Distinction entre connaissance et foi.
CT La crainte : Les Églises vont réintroduire la foi.
YS Prévoyez-vous aussi un cours d’athéisme ?
AT Valeurs chrétiennes et valeurs humanistes.
RC Préparer l’enfant à rencontrer l’autre. Nous sommes dans une société multiculturelle.
MBG Avoir la force de sa propre culture pour pouvoir rencontrer les autres
AL Le traitement culturel de la religion permet la critique. La critique permet d’éviter le fanatisme.
B Commencer par le christianisme, c’est indispensable. Mais ça n’empêche pas les échanges avec les autres religions.
MBG Allusion au Groupe exploratoire « Culture judéo-chrétienne à l’école ».

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