Cours de religion et de morale non confessionnelle et leurs alternatives.

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Morale et religions à l'école

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La réforme de l’organisation des cours dits « philosophiques » – cette formule ambiguë pour dire que l’on enseigne, à l’École en Belgique, la « morale non confessionnelle » et les religions reconnues par l’État – est à l’ordre du jour. Il est devenu urgent de changer un paradigme inadapté à une société pluraliste. Mais comment et pourquoi ?

Ce volume offre un ensemble, unique en son genre, de pistes et perspectives : des pédagogues, des professeurs de philosophie et de sciences des religions, des constitutionalistes, des représentants du Ministère compétent et du Conseil consultatif des cours philosophiques, de l’inspection des cultes et du cours de morale, mais aussi de la Laïcité et du monde politique apportent des analyses prospectives pour nourrir le débat.

Les cours de religion et de morale non confessionnelle et leurs alternatives.

Le débat en Belgique francophone : mise en perspective internationale

José-Luis Wolfs et Nathalie Raes

Introduction

La situation héritée du Pacte scolaire de 1959 en Belgique, prévoyant, au sein de l’enseignement public, l’organisation de cours de religion correspondant à chacun des cultes dits « reconnus », ainsi que celle d’un cours de morale non confessionnelle ou laïque est aujourd’hui de plus en plus remise en question. Avant de développer les différentes critiques adressées au système actuel et d’envisager différentes propositions alternatives possibles, il peut être utile de prendre du recul et d’examiner, d’une part, quelles sont les formules adoptées par d’autres pays, et d’autre part, quelles sont les recommandations formulées par les organisations internationales et en particulier le Conseil de l’Europe. Nous reviendrons ensuite sur le cas de la Belgique, enrichis par cette double lecture.

La question est d’autant plus complexe et intéressante à examiner qu’elle se pose dans des termes très différents selon l’histoire, la culture et les conceptions du « vivre-ensemble » propres à chaque pays. Ainsi, si l’on considère le cas de l’Europe, certains pays avaient jusqu’à récemment ou ont encore une religion d’État (Norvège, Suède, Angleterre, Danemark, Grèce), d’autres sont laïques au sens strict (France). Dans d’autres encore, les pouvoirs publics entretiennent des relations avec plusieurs religions ou cultes reconnus. Citons le cas de l’Allemagne, de la Belgique ou encore celui de l’Espagne.

Malgré des traditions historiques et culturelles au départ très différentes, nous pouvons constater que plusieurs de ces pays ont créé, à la fin du 20e siècle ou au début du 21e siècle, des enseignements nouveaux, poursuivant des objectifs en partie communs, à savoir donner aux élèves une meilleure connaissance de la diversité des convictions et des phénomènes religieux et favoriser le « vivre-ensemble » dans une société plurielle. L’évolution sociologique de ces dernières décennies explique pour partie l’émergence de ces initiatives nouvelles. Ainsi, nos sociétés ont connu et connaissent, en particulier en Europe, un double mouvement à la fois de sécularisation mais aussi de « montée » du religieux. En outre, la diversité culturelle croissante de nos sociétés amène les professeurs à s’adresser à des élèves de plus en plus variés à la fois sur le plan culturel et des convictions. Il convient donc de se demander, suite à cette évolution, quelles ont été les réponses apportées par nos systèmes scolaires. Voici quelques exemples d’intitulés de ces enseignements nouveaux :

  • connaissance du christianisme, des religions et de la morale (Norvège, 2001) ;
  • enseignement des faits religieux (France, 2005) ;
  • éducation multiconfessionnelle (Angleterre, 1988, 2004) ;
  • mouvements religieux et philosophiques (Pays-Bas, 1985) ;
  • éthique et culture religieuse (Québec, 2005, 2008).

Nous commencerons par présenter, sous la forme d’étude de cas, ces différents enseignements, en les situant chacun dans leur contexte et en faisant ressortir quelques points communs et différences. Dans un deuxième temps, nous les mettrons en perspective au regard des orientations préconisées par le Conseil de l’Europe.

Double défi pour l'école laïque :

Enseigner la morale et les faits religieux

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Sous la direction d’Isabelle SAINT-MARTIN et Philippe GAUDIN. Actes du colloque IESR “Enseignement laïque de la morale et enseignement des faits religieux” tenu les 18 et 19 octobre 2013 à l’EPHE

PRÉSENTATION

Le projet d’un enseignement laïque de la morale – de la Maternelle à la Terminale – oblige à penser à nouveaux frais les relations entre école, éducation et laïcité. Cet enseignement qui doit passer par les disciplines existantes implique une réflexion sur ses contenus et ses méthodes qui ne va pas sans analogie avec ce que l’enseignement des faits religieux met en œuvre depuis une dizaine d’années. Les deux perspectives, très différentes, méritent toutefois d’être comparées. L’Institut européen en sciences des religions (IESR), particulièrement concerné par la thématique de l’enseignement des faits religieux et des questions de laïcité, a réuni chercheurs et acteurs autour de ces deux politiques publiques d’éducation. Il s’agit d’examiner en quoi et comment ce projet de nouvel enseignement peut ou doit croiser celui des faits religieux et renouveler la réflexion sur la laïcité à l’école, dans les enseignements comme dans la vie scolaire.

Les auteurs : Jean Baubérot, Abdennour Bidar, Gérald Chaix, Charles Conte, Charles Coutel, Philippe Gaudin, Jean-Paul Delahaye, Frédérique Leichter-Flack, Laurence Loeffel, Philippe Portier, Isabelle Saint-Martin, Anna Van den Kerchove, Eric Vinson, Jean-Paul Willaime, Valentine Zuber

Sous la direction de :

  • Isabelle Saint-Martin, directrice d’études à l’École Pratique des Hautes Études, est directrice de l’Institut européen en sciences des religions (IESR)

  • Philippe Gaudin, agrégé de philosophie, est responsable formation recherche à l’IESR

Enseignement moral et civique

La laïcité en Europe

L’Europe est, très tôt, devenue le lieu de développement d’un pluralisme religieux sur la base duquel ont émergé des cultures nationales diverses et souvent polémiques.

Des solutions diverses selon les pays

Une telle diversité trouve ses origines dans plusieurs explications :

  • le rôle que certains attachements religieux ont joué dans la naissance de la conscience nationale, comme en Irlande ou en Grèce.
  • les progrès inégaux de la sécularisation selon les pays. Elle est plus intense aux Pays-Bas qu’en Grèce ou au Portugal.
  • le caractère inégalement anticlérical du processus de laïcisation qui a pu générer, dans certains cas, une laïcité de combat, comme en France dès la fin du XIXe siècle ou en Espagne, surtout depuis les dernières élections législatives ; dans d’autres cas, une neutralisation progressive de la puissance religieuse, comme dans les pays scandinaves.

Certaines constitutions prévoient une séparation entre les Églises et l’État et, cependant, accordent à une religion une place dominante, allant jusqu’à s’y référer pour fonder le pacte social. Ainsi en va-t-il en Irlande. D’autres pays pratiquent la séparation, mais les relations avec l’Église catholique ont continué d’y être régies par un Concordat. Tel est le cas au Portugal.

De manière tendancielle, si les pays de culture catholique ont inscrit leur marche vers la laïcité dans une logique anticléricale, les pays de culture protestante se sont plus volontiers engagés dans une démarche de sécularisation. L’on ne saurait, non plus, sous-estimer la place qu’occupent les Églises dans les pays de l’ancien bloc communiste, notamment en Pologne, en Slovénie, en Roumanie et en Slovaquie, aujourd’hui, membres de l’Union européenne.

La position de l’Union européenne

Mais l’Europe ne peut, aujourd’hui, être résumée à une collection d’États et d’histoires nationales. Elle constitue un projet, affiche une ambition, et dispose, avec le Conseil de l’Europe, créé en 1949, d’un véritable conservatoire de la conscience démocratique qui en constitue le fondement. Un tel choix n’est pas indifférent en termes de laïcité.

La Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, signée en 1950, a introduit une véritable révolution dans l’univers du droit international. Parmi les libertés proclamées et garanties, figure la liberté de conviction et de religion. L’article 9 précise en effet que : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites ».

L’Europe communautaire est le produit d’une ambition d’autre nature dès lors qu’elle repose sur des abandons de souveraineté consentis par les États qui la constituent ou viendraient à la rejoindre. Bien que ses pères fondateurs fussent tous de culture démocrate-chrétienne, l’entreprise apparaissait neutre en termes de laïcité. Il n’était question que de libération des échanges économiques. Le passage de la Communauté à l’Union européenne, avec le Traité de Maastricht, a partiellement modifié les termes du débat en imposant la recherche d’une légitimation politique. Elle fut naturellement trouvée, sans autres précisions, dans les principes de liberté, de démocratie, de respect des droits de l’homme de l’État de droit. Dans le cadre de l’approfondissement de ce socle initial, lors de la négociation du Traité d’Amsterdam, le Vatican sollicita, sans succès, la reconnaissance de la place spécifique des Églises dans l’identité des États membres et dans l’héritage commun des peuples européens.

Cette question a ressurgi lors de l’élaboration de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, proclamée à Nice, et a alimenté la campagne du référendum de ratification du Traité instituant une constitution pour l’Europe et a refait surface à l’occasion de l’élaboration du Traité de Lisbonne dont l’article 16 C instaure un « dialogue ouvert, transparent et régulier » entre les autorités de l’Union et les Églises, lesquelles bénéficient, par là-même, d’une reconnaissance.

Jean-Michel Ducomte Publié le 26/05/2015 sur le site LUMNI

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