L’affaire de l’Arche de Noé

La conseillère d’Etat Anne Emery-Torracinta s’explique sur “Léman bleu” à propos du refus du DIP de soutenir l’opéra “L’Arche de Noé” de Benjamin Britten.

Une émission à (re)voir de toute urgence! [28 mai 2015]


 

Laïcité: remettons l’église au milieu du village!“?

Lettre de Madame Anne Emery-Torracinta, conseillère d’Etat en charge du Département de l’instruction publique à l’ensemble des collaborateur/trices/s du DIP. 12 juin 2015.

Clarification sur le principe de laïcité

Laïcité : remettons l’église au milieu du village !

Extraits : (Mise en forme : Groupe citoyen). Le texte complet se trouve ci-dessus.

Le fait religieux a imprégné notre culture et notre histoire, il a inspiré les artistes: de fait il touche le champ scolaire et c’est normal. Si on ne peut faire chanter Britten à de jeunes élèves, alors il faut retirer des programmes scolaires le Cé qué l’aino et le Cantique suisse, notre hymne national !

Car si l’école se refuse à penser les sujets sensibles de notre société, qui le fera ? Chanter un opéra n’équivaut pas à réciter une prière, parler du fait religieux à l’école n’est pas assimilable à du prosélytisme. (…)

L’école ne formera pas ses élèves à la compréhension du monde et à sa complexité si elle évite de s’y confronter. Renoncer à aborder certains sujets susceptibles de fâcher, c’est oublier les missions de l’école, telles que décrites dans la loi, qui sont d’éveiller chez l’élève le respect d’autrui et la tolérance.

Une laïcité de l’ignorance, une laïcité qui a peur du contact et fuit le débat fait le jeu de l’obscurantisme. Elle crée alors ce qu’elle craint. Ce n’est pas de cette laïcité que nous voulons.

Affirmer que l’école est laïque, c’est

  • rappeler la neutralité de l’État à l’égard de toutes les Églises et de toutes les confessions,
  • ce n’est pas nier ni esquiver la thématisation et la compréhension du fait religieux et de ces différences. (…)

Nous vivons aujourd’hui dans une société multiculturelle et des questions qui n’auraient pas posé problème par le passé nous interpellent. Face à ce tissage de complexités, nous ne devons

  • ni nier l’histoire de notre société de tradition judéo-chrétienne (qui se ressent jusque dans le calendrier des vacances scolaires)
  • ni renoncer à convoquer dans nos enseignements, tant artistiquement qu’intellectuellement, la richesse de la diversité humaine et de nos différences.

Le respect d’une laïcité bien comprise dans le cadre scolaire est le meilleur garant d’un débat fertile au sein de cette pluralité.