La place du religieux dans la diplomatie

L’ambassadeur de France, René Roudaut, a donné une fort intéressante conférence à l’Uni le 30 septembre dernier. En voici les articulations : 1. Définir les concepts (Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde. Ne pas nommer les choses, c’est nier notre humanité. A. Camus) 2. Changement de paradigme dans les années 80. 3. Dynamique des principaux conflits. 4. Les instances internationales. Les voies à imaginer.

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Quelle continuité ?

Une réaction de Madame Vesca Olsommer, ancienne députée, parue dans le Courrier du 26.10.2015 :

Vesca Olsommer déplore que l’enseignement du fait religieux soit passé sous silence lors des débats sur la nouvelle loi sur l’instruction publique (LIP) à Genève.

Bravo DIP et députés! C’est déjà chose difficile que d’enseigner le fait religieux à l’école laïque: neutralité, gestion de possibles conflits du côté des élèves ou des parents, recherche de méthodes et d’outils pédagogiques adéquats, connaissances suffisantes, maîtrise du concept de laïcité, etc. Il faut aussi une bonne motivation pour
des enjeux d’importance: analphabétisme religieux, respect interculturel et interconvictionnel.
Pourtant, face au défi scolaire et sociétal que représente cet enseignement, la question a pratiquement été passée sous silence lors du récent débat concernant la loi sur l’instruction publique au Parlement, aussi bien par le Département que par les député-e-s, qui auraient pu d’ailleurs également s’assurer que l’exigence des outils d’analyse et des connaissances inhérentes à cette thématique figure dans la loi. Mais non! Quel soutien aux enseignants? Quelle continuité avec la position du précédent Conseil d’Etat qui affirmait voilà 10 ans «il est essentiel que l’enseignement du fait religieux soit mieux pris en compte dans les écoles genevoises» et qui a organisé avec le groupe citoyen «Culture religieuse et humaniste à l’école
laïque» des conférences publiques sur ce thème, dont l’explicitation est maintenant renvoyée à une future loi sur la laïcité pour mieux l’ignorer lors des réflexions sur la LIP?

 

Grand Conseil : Loi sur l’instruction publique (LIP)

Lors de la séance du Grand Conseil du 17 septembre dernier au sujet de la Loi sur l’instruction publique (LIP), un amendement à l’article 11 ( respect des convictions politiques et religieuses) a été proposé. Le voici: L’enseignement dispensé apporte les connaissances et les outils nécessaires à la construction de ce respect réciproque.

Malgré différentes interventions dont celle du député J.-M. Bugnion (Verts) parlant du Califat de Cordoue, cet amendement n’a pas été retenu. (55 non et 31 oui).

Dommage pour les convictions !

Intervention de M. le député Jean-Michel Bugnion (Verts)
lors de la session du Grand Conseil de Genève
le jeudi 17 septembre 2015 (21h.43) (Verbatim)

Le califat de Cordoue, entre le 9e et le 13e siècle, a rayonné sur toute l’Europe d’un point de vue intellectuel, culturel et spirituel. La caractéristique, c’est qu’il autorisait l’enseignement dans les trois grandes religions monothéistes: l’islam, le judaïsme et le christianisme. Évidemment, vous me direz que ça n’a pas empêché les Croisades.

Néanmoins, c’est un exemple quand même probant qu’il peut y avoir une cohabitation religieuse enrichie pour autant qu’il y ait partage de connaissances.

Nous sommes plusieurs siècles après et que voyez-vous sur les réseaux – entre autres- ou ailleurs ? Une floraison de préjugés. Tous se basent sur une méconnaissance profonde. Voilà pourquoi il semble évident, si l’on veut combattre les préjugés, si l’on veut armer les élèves, de leur donner des connaissances et de outils d’analyse qui leur permettent de ne pas être les victimes toutes faites de la première bêtise basée sur l’ignorance qu’ils entendraient et c’est pourquoi il nous apparaît important que dans la loi sur l’enseignement (LIP) on mette expressément ce fait-là : il faut des connaissances pour ne pas tomber dans la bêtise et en être victime.

Donc je salue le PLR qui veut reprendre la chose à travers la loi sur la laïcité mais je pose la question : D’accord pour la loi sur la laïcité mais pourquoi pas aussi dans la LIP ? Si vous êtes convaincus de l’importance que des connaissances et des outils d’analyse peuvent avoir pour vaincre les préjugés, je ne vois pas pourquoi vous refusez de faire figurer ça dans un texte de loi, sachant qu’il sera repris par la suite de manière plus grande dans un autre.

Je vous remercie.

Actualité tragique

Après les attentats de Paris, le Groupe Citoyen est plus convaincu que jamais de l’importance, pour tous les écoliers, d’un enseignement qui apporte les connaissances et les outils d’analyse nécessaires à la construction du respect réciproque.

Il rappelle le Rapport Stasi* de 2003, dont voici deux extraits :

« Si elle se limite à une conception étroite de la neutralité par rapport à la culture religieuse ou spirituelle, l’école contribue à la méconnaissance des élèves en ce domaine et les laisse désarmés, sans outil intellectuel, face aux pressions et aux instrumentalisations des activistes politico-religieux qui prospèrent sur le terreau de cette ignorance ».

« La laïcité crée une responsabilité à la charge de l’Etat. Favoriser l’enrichissement de la connaissance critique des religions à l’école peut permettre de doter les futurs citoyens d’une formation intellectuelle et critique. Ils peuvent ainsi exercer la liberté de pensée et de choix dans le domaine des croyances ».

*Commission de réflexion sur l’application du principe de laïcité dans la République

Citation extraite du dépliant « Laïcité et enseignement du fait religieux », disponible sur demande

L’affaire de l’Arche de Noé

La conseillère d’Etat Anne Emery-Torracinta s’explique sur « Léman bleu » à propos du refus du DIP de soutenir l’opéra « L’Arche de Noé » de Benjamin Britten.

Une émission à (re)voir de toute urgence! [28 mai 2015]


 

« Laïcité: remettons l’église au milieu du village!« ?

Lettre de Madame Anne Emery-Torracinta, conseillère d’Etat en charge du Département de l’instruction publique à l’ensemble des collaborateur/trices/s du DIP. 12 juin 2015.

Clarification sur le principe de laïcité

Laïcité : remettons l’église au milieu du village !

Extraits : (Mise en forme : Groupe citoyen). Le texte complet se trouve ci-dessus.

Le fait religieux a imprégné notre culture et notre histoire, il a inspiré les artistes: de fait il touche le champ scolaire et c’est normal. Si on ne peut faire chanter Britten à de jeunes élèves, alors il faut retirer des programmes scolaires le Cé qué l’aino et le Cantique suisse, notre hymne national !

Car si l’école se refuse à penser les sujets sensibles de notre société, qui le fera ? Chanter un opéra n’équivaut pas à réciter une prière, parler du fait religieux à l’école n’est pas assimilable à du prosélytisme. (…)

L’école ne formera pas ses élèves à la compréhension du monde et à sa complexité si elle évite de s’y confronter. Renoncer à aborder certains sujets susceptibles de fâcher, c’est oublier les missions de l’école, telles que décrites dans la loi, qui sont d’éveiller chez l’élève le respect d’autrui et la tolérance.

Une laïcité de l’ignorance, une laïcité qui a peur du contact et fuit le débat fait le jeu de l’obscurantisme. Elle crée alors ce qu’elle craint. Ce n’est pas de cette laïcité que nous voulons.

Affirmer que l’école est laïque, c’est

  • rappeler la neutralité de l’État à l’égard de toutes les Églises et de toutes les confessions,
  • ce n’est pas nier ni esquiver la thématisation et la compréhension du fait religieux et de ces différences. (…)

Nous vivons aujourd’hui dans une société multiculturelle et des questions qui n’auraient pas posé problème par le passé nous interpellent. Face à ce tissage de complexités, nous ne devons

  • ni nier l’histoire de notre société de tradition judéo-chrétienne (qui se ressent jusque dans le calendrier des vacances scolaires)
  • ni renoncer à convoquer dans nos enseignements, tant artistiquement qu’intellectuellement, la richesse de la diversité humaine et de nos différences.

Le respect d’une laïcité bien comprise dans le cadre scolaire est le meilleur garant d’un débat fertile au sein de cette pluralité.

 

 

 

Laïcité 2014 : « Rapport Cuénod », notre réponse

Le Groupe de travail sur la laïcité, présidé par Jean-Noël Cuénod,  a rendu son rapport. Une consultation est en cours auprès d’un certain nombre d’organismes, dont le Groupe citoyen.

Ce rapport omet la question de l’enseignement du fait religieux à l’école laïque. Nous le regrettons, et nous l’exprimons, entre autres, dans les Remarques et propositions (p.4). 2014.

2014. Réponse Gr.cit.

La lecture des annexes donne aussi d’utiles indications. 2011.03.14. Blandine_Kriegel Résumé MJN

En particulier quand on lit ce que répondent les enseignants à la question « Vous sentez-vous à même de répondre aux questions posées par vos élèves en lien avec les faits religieux ? »

130420_vuillemin Présentation Powerpoint

2012.09.21 avenant gp fait religieux

Fêter Noël offense-t-il la laïcité ?

Une émission d’Arte, 28 minutes, lundi 8 décembre : (suite…)

Noël, connais pas…

Table ouverte, une émission de la Télévision suisse romande animée par Claude Torracinta (18 décembre 1994) (suite…)

La laïcité est l’affaire de tous les citoyens

La laïcité est l’affaire de tous les citoyens dit le rapport du Groupe de travail sur la laïcité qui vient de sortir.

La consultation est en cours jusqu’au 16 janvier 2015.

Le communiqué du Conseil d’Etat.

Bon anniversaire!

Le 29 novembre 1994 le Département de l’instruction publique donnait un mandat à un « Groupe de travail exploratoire sur la culture judéo-chrètienne à l’école » (sous la direction de Walo Hutmacher).

En 1998 ce groupe rendait son rapport.

Pour vous faire gagner du temps voici un résumé du chapitre 4 et les recommandations.

20 ans plus tard tout cela reste d’actualité!