Reprenons depuis le début…

Le DIP explore la question. 1994-1998

Walo Hutmacher, alors directeur du SRED (Service de recherche en éducation), a été chargé en 1994 par le DIP de constituer un « Groupe de travail exploratoire sur la culture judéo-chrétienne à l’école ». Au terme de quatre années de travail, ce groupe a rendu un rapport en 1998 (publié comme Cahier No 4 du SRED en mars 1999). Cet ouvrage fournit des éléments historiques, contribue à la clarification des termes (religion, laïcité, etc.), procède à des constats, dresse une liste des questions ouvertes et propose des recommandations. (Parmi lesquelles celle de la création d’un dispositif permanent sur le sujet « en vue de construire progressivement une mémoire des règles et des normes dans ce domaine »).

Une action citoyenne. 2002

Le groupe citoyen « Culture religieuse et humaniste à l’école laïque » (dont la raison sociale indique bien la préoccupation dans le choix de chacun de ses termes) s’est progressivement constitué dès 2002. Ses membres proviennent d’horizons convictionnels divers (athées, agnostiques, croyants de diverses origines, personnes en recherche, etc.) Leur dénominateur commun est le suivant: considérant que la culture religieuse et humaniste n’a pas encore la place qui doit lui revenir dans l’enseignement public genevois, ils agissent afin que l’autorité concernée comble cette lacune. Pour expliciter l’alerte qu’il considère devoir lancer, le groupe a rédigé en 2004 une Déclaration publique.

Une motion au Grand Conseil. 1996

Le groupe a pris le relais de la démarche initiée par la motion parlementaire déposée par les Verts en 1996 « concernant l’introduction de cours sur l’histoire des religions pour les élèves du canton » (remarquons que l’une des signataires de cette motion, Vesca Olsommer, fait partie de notre groupe). Il a ainsi été associé au processus démocratique qui a accompagné le débat sur cette motion. Il a été auditionné en son temps par la commission de l’enseignement du Grand Conseil.

La réponse du Conseil d’État. 2006

Le Conseil d’État a répondu à la motion de 1996 au Grand Conseil du 22 septembre 2006. ( Ce délai montre bien que la motion abordait un sujet sensible). De cette réponse nous retenons quelques lignes de la conclusion :

« Au vu des éléments qui précèdent, le Conseil d’État estime essentiel que l’enseignement du fait religieux soit mieux pris en compte dans les écoles publiques genevoises. »

Le département de l’instruction publique est dès lors chargé des tâches suivantes :

  • Encourager les enseignants à traiter du fait religieux dans le respect de la laïcité.
  • Renforcer les offres de formation initiale et continue.
  • Veiller à la cohérence de cet enseignement avec les plans d’études.
  • Poursuivre le débat avec des représentants de la société civile.

Le groupe citoyen considère que dans la foulée de son intuition initiale, il est de sa tâche de veiller de façon bienveillante et critique à la réalisation de ces objectifs.

Plan d’études romand (PER). 2010

Ayant participé à la consultation lancée par le DIP en 2009 sur le projet de PER, le groupe citoyen se réfère en particulier au Préambule de ce document. La Présidente de la CIIP , Elisabeth Baume-Schneider, y invite tout un chacun à s’intéresser à ce Plan d’études comme projet de formation et déroulement de la scolarité. Le PER constituant également un repère utile pour les partenaires de l »école, (…) »

Pour les élèves du Cycle d’orientation. Les Grands textes. 2011

Les élèves du Cycle d’orientation disposent depuis 2011 des documents intitulés « Grands textes » qui sont une réponse à la motion des Verts de 1996. Remarquons le fait suivant : c’est une innovation à Genève de permettre aux élèves d’accéder à des textes (religieux et philosophiques) dont voici quelques exemples : judaïsme (le Décalogue), christianisme (Le Sermon sur la montagne), islam (l’aumône ). Notons aussi une réflexion sur « Les écoles comme lieux de transmission du lien social » par la comparaison deux institutions scolaires contemporaines : l’éducation aztèque et l’école de Calvin dans la Genève de Calvin au XVIe s.

Il était prévu une évaluation de ces programmes en 2016.