Les manuels scolaires et le fait religieux

Dans ce texte intitulé « les manuels scolaires et le fait religieux » , Charles-Edouard Harang, agrégé d’histoire, docteur en histoire, professeur au lycée R. Queneau, fait une analyse approfondie de manuels d’histoire. Il présente ici en six séquences

  • les données du problème (pourquoi enseigner le fait religieux à l’école ? Qu’est-ce que le fait religieux ? La place dans l’enseignement)
  • les manuels
  • le fait religieux dans le monde contemporain
  • les religions du Livre ? Bible, Coran, documents patrimoniaux et manuels scolaires
  • la naissance du christianisme dans les manuels de 6e et de 2nde
  • l’islam, des manuels de 5e à ceux de terminale, en passant par la première professionnelle

Livret laïcité 2016

Livret destiné aux chefs d’établissement, aux directeurs d’école, mais aussi aux équipes éducatives de l’enseignement public français.

pour être à jour…

Nous vous suggérons de consulter l’ouvrage d’Andrea Rota (2015) : Etat des lieux des politiques de l’enseignement religieux en Suisse latine (éditions infolio). Vous trouverez ici sa table des matières.

En France

Drapeau France En France , le principe de laïcité en matière religieuse est au fondement du système éducatif public depuis 1882, quand la loi instaurait l’obligation d’instruction et la laïcité des personnels et des programmes. L’importance de la laïcité dans les valeurs scolaires républicaines a été accentuée par la loi du 9 décembre 1905 instaurant la laïcité de l’Etat. Le respect des croyances des élèves et de leurs parents implique : l’absence d’instruction religieuse dans les programmes, la laïcité du personnel, l’interdiction du prosélytisme.Mais la question du statut du religieux est en discussion. Ainsi, en février 2002 est paru le rapport sur “ L’enseignement du fait religieux dans l’École laïque ” que le Ministre de l’Education avait demandé à Régis Debray.
En 2005, le « socle commun de connaissances et de compétences » est introduit dans la loi ; il constitue l’ensemble des connaissances, compétences, valeurs et attitudes nécessaires pour réussir sa scolarité, sa vie d’individu et de futur citoyen. Un livret personnel de compétences permet de suivre la progression de l’élève. À compter de 2011, la maîtrise des sept compétences du socle est nécessaire pour obtenir le diplôme national du brevet (D.N.B.). Les élèves doivent « être préparés à partager une culture européenne par une connaissance des textes majeurs de l’Antiquité (l’Iliade et l’Odyssée, récits de la fondation de Rome, la Bible) » et à « comprendre l’unité et la complexité du monde par une première approche du fait religieux en France, en Europe et dans le monde en prenant notamment appui sur des textes fondateurs (en particulier, des extraits de la Bible et du Coran) dans un esprit de laïcité respectueux des consciences et des convictions« .
Image: Robotumb

Fribourg : Constitution

Le canton de Fribourg à adopté une nouvelle constitution en 2004. L’ancienne, remontant à 1857, confiait à l’Etat la haute surveillance de l’éducation et de l’instruction publiques, tout en stipulant que celles-ci ”sont organisées et dirigées dans un sens religieux et patriotique” et qu’un ”concours efficace est assuré au clergé en cette matière”. La nouvelle constitution (2004) , stipule à l’article 64 que ”L’enseignement respecte la neutralité confessionnelle et politique. Les Eglises et les communautés religieuses reconnues ont le droit d’organiser un enseignement religieux dans le cadre de l’école obligatoire”.
Source: Etat Fribourg

Neuchâtel: enseignement de cultures religieuses et humanistes

Seul canton neutre en matière religieuse avec Genève, le canton de Neuchâtel, a mis en place, en 2003, un «enseignement de cultures religieuses et humanistes».
Source: Canton Neuchâtel

Suisse : Déclaration de la CIIP relative aux finalités et objectifs de l’Ecole publique

Suisse Dans sa Déclaration relative aux finalités et objectifs de l’école publique du 30 janvier 2003 , la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP) affirme que l’école publique ”prend en compte et rend accessible la connaissance des fondements culturels, historiques et sociaux, y compris des cultures religieuses, afin de permettre à l’élève de comprendre sa propre origine et celle des autres, de saisir et d’apprécier la signification des traditions et le sens des valeurs diverses cohabitant dans la société dans laquelle il vit”
Source: CIIP

Suisse : Prise de position SER en 2004

Le Syndicat des enseignants romands (SER) a pris position sur cette question en 2004 , affirmant notamment qu’une place doit être faite à l’enseignement du fait religieux comme objet de culture (connaissance du christianisme à travers ses manifestations culturelles et artistiques, ouverture aux autres religions selon une approche semblable et interrogations des sectes) dans l’école romande. Cet enseignement ouvert se doit de faire une place à la problématique du sens et éviter une forme académique insipide.
Source: SER

Vaud : Plan d’étude

Une motion a été déposée au Grand Conseil vaudois en octobre 2009 par Claude Schwab, avec des députés de tous les partis, proposant de modifier l’intitulé de la discipline « histoire biblique » en « connaissance des religions » et d’offrir cet enseignement à tous les élèves en supprimant la possibilité de dispense. Le caractère obligatoire de ces heures de cultures religieuses a été soumis au parlement puis au peuple, par la LEO (loi sur l’enseignement obligatoire) qui a été acceptée le 4 septembre 2011 par 52% des Vaudois. Selon Claude Schwab, « il s’agit maintenant de veiller au grain à propos du règlement d’application et grille horaire ainsi que de renforcer la formation des enseignants ».
Source: Etat de Vaud

Une motion a été déposée au Grand Conseil vaudois en octobre 2009 par Claude Schwab et consorts, proposant de modifier l’intitulé de la discipline « histoire biblique » en « connaissance des religions », et d’offrir cet enseignement à tous les élèves en supprimant la possibilité de dispense. Cet objet a été renvoyé en commission.

En Finlande

Finlande  

En Finlande, pays de tradition luthérienne, le plan d’études le plus récent prévoit un enseignement en religion non confessionnel dans lequel sont examinées les dimensions religieuses et éthiques de la vie. Le but de cet enseignement est d’offrir aux élèves les connaissances, aptitudes et expériences qui seront les matériaux pour la construction de leur propre identité et point de vue sur le monde. L’enseignement prépare les élèves à examiner les dimensions religieuses et éthiques de leur propre vie et de celle de la communauté. Le but est une éducation générale dans le domaine de la religion et de la philosophie de vie. (traduction à partir du National core curriculum for basic education, Ministère de l’éducation, Helsinki, 2004).